L'hypnose, une alliée précieuse pour apprivoiser la colère. La colère est une émotion aussi légitime que nécessaire. Elle signale qu'une limite est franchie, qu'un besoin n'est pas comblé.
Le problème survient quand elle devient incontrôlable : explosions verbales, tensions musculaires persistantes, regrets répétés après coup, conflits et tensions dans les relations. L'hypnose offre une voie complémentaire, douce et efficace, pour reprendre le dessus sur ses réactions et adopter d'autres comportements qui causent moins de difficultés avec soi et son entourage.
Comprendre la colère : un signal, pas un ennemi
Avant de chercher à « éteindre » la colère, il est utile de la comprendre. Sur le plan neurologique, elle active l'amygdale, ce centre d'alerte du cerveau qui déclenche la réponse « combat ou fuite ». Le corps se tend, le cœur s'accélère, la pensée se rétrécit.
Dans cet état, il devient difficile de raisonner, de nuancer, de choisir sa réponse. L'enjeu n'est donc pas de supprimer la colère, mais de rétablir un espace entre le déclencheur et la réaction, entre l'émotion qui vient exprimer un besoin ou une réaction très « instinctive » et un comportement plus adapté qui va moins vous placer dans une situation délicate face à votre famille ou votre supérieur hiérarchique par exemple. C'est précisément là que l'hypnose intervient.
En quoi consiste l'hypnose thérapeutique ?
Loin des clichés de la scène, l'hypnose thérapeutique est un état de concentration approfondie et de détente, pendant lequel l'esprit devient plus réceptif aux suggestions et donc plus ouvert aux changements. Il ne s'agit ni de perdre le contrôle, ni d'être « endormi ». La personne reste consciente et actrice de sa propre transformation.
Face à des colères estimées disproportionnées par rapport à la situation et/ou portant préjudice à la personne, l'hypnose permet de :
- Accéder aux mémoires sensorielles associées aux déclencheurs (une phrase, un regard, une situation précise)
- Désamorcer les schémas automatiques hérités de l'enfance ou de situations passées ou des croyances créées à l'occasion de situations conscientes ou inconscientes
- Installer de nouvelles réponses, plus adaptées, à la place de l'explosion
Lors d'une séance, je vous guide pour que vous alliez revisiter un souvenir, une image, un son, une situation mentalement sur une situation qui a déclenché la colère. Dans l'état hypnotique, la mémoire émotionnelle se réactive, mais sans la charge physiologique du moment présent. La personne peut alors observer la situation, identifier le point de bascule, et « réécrire » sa réponse plus sereinement et en toute sécurité.
Le cabinet permet d'installer un espace « safe » où l'expression de la colère ou bien expérimenter d'aller la revisiter est tout à fait possible, sans conséquences néfastes dans votre quotidien. On peut même trouver une forme non violente pour la « décharger ».
Les techniques utilisées en séance
- L'ancre de calme
On va par exemple venir ré-associer dans un état d'hypnose la colère qui monte à un geste simple (serrer le poing, toucher son poignet, inspirer en comptant jusqu'à trois). Cette « ancre » pourra ensuite être réactivée dans la vie quotidienne, au premier signe de montée de la colère, pour court-circuiter la réaction.
- La restructuration des croyances
Certaines colères répétées tiennent à des croyances inconscientes : « Si les choses ne se passent pas comme je le voudrais, je ne me sens pas respecté·e et je me mets en colère », « Si je ne réagis pas, je perds le contrôle de la situation ». L'hypnose permet de mettre ces croyances à distance, de les questionner, et de les remplacer par des postulats plus flexibles. Parfois, c'est juste parce que vous avez vu un de vos proches réagir en étant enfant, que vous avez « enregistré » cette réaction sans vous en rendre compte comme la manière de réagir appropriée ou bien la seule que vous « connaissiez » et que vous avez « appris » à réagir ainsi. Il s'agit de déconstruire l'apprentissage qui s'est forgé sur une certaine expérience de la réalité. Mais aujourd'hui, vous souhaitez « désapprendre » ce comportement pour en adopter un autre plus confortable pour vous et votre entourage.
- La visualisation
Se visualiser en train de gérer une situation difficile avec calme et assertivité renforce les circuits neuronaux associés à cette réponse. C'est un entraînement mental qui prépare le corps et l'esprit à réagir autrement le moment venu.
Pour qui ? Dans quelles situations ?
L'hypnose pour canaliser la colère s'adresse à toute personne qui :
- Éprouve des difficultés à freiner ses réactions dans des contextes professionnels ou familiaux
- Connaît des épisodes de colère disproportionnés par rapport à la situation
- Souffre des conséquences physiques de la colère (tensions, maux de tête, troubles du sommeil)
- Souhaite développer une communication plus assertive sans recourir à la violence verbale
Elle peut être pratiquée en complément d'une autre thérapie, d'un travail sur la communication non violente, ou de manière autonome.
Ce que l'on peut attendre concrètement
Les résultats varient selon la personne, la fréquence des séances et surtout l'engagement de la personne. En général, après quelques séances (souvent entre 5 et 10), les patients rapportent :
- Une réduction de la fréquence des explosions
- Un meilleur « temps de latence » entre le déclencheur et la réaction
- Une capacité accrue à identifier les signes précoces de la colère (chaud au ventre, mâchoire serrée)
- Un sentiment de maîtrise retrouvée, qui diminue l'anxiété
Comment se déroule une séance type ?
La première séance est avant tout un entretien. On va explorer ensemble l'histoire de la colère : son origine connue ou pas, son histoire, ses déclencheurs, ses conséquences.
Les séances suivantes alternent entre état hypnotique (visualisations, réencodage des mémoires, installation d'ancres) et moments de dialogue. La séance dure généralement entre 1 heure et 1 heure et demi. Il est très utile de pratiquer les exercices proposés entre les séances (respiration, ancre, auto-hypnose).
Pour beaucoup, c'est un tournant discret mais profond dans la relation qu'ils entretiennent avec eux-mêmes et avec les autres.
Crédit photo : Krivitskiy

